Le web 2.0 favorise t-il l’irrationnel?

Le web 2.0 favorise t-il l’irrationnel?

Image CC BY NC APPALACHIAN DREAMER

 

Internet modifiable?

CC by nc sa Dave lanovaz

Le web 2.0 (2003) est participatif et a engendré un nouveau rapport avec les internautes.
Renforcé par l’utilisation de matériels mobiles, les usagers deviennent informateurs d’un événement et alimentent le réseau à l’aide de sites collaboratifs.

Avec le « crowdsourcing », ou approvisionnement par la foule, le web 2.0 a un effet cumulatif avec les nombreuses productions de médias illustratifs.
Le Web social permet l’écriture collaborative au travers des blogs, forums, communautés et autres réseaux sociaux.

 

Internet irrationnel ?

CC by nc tom Backwell

Une des principales dérives du « crowdsourcing » est l’apparition sur le réseau d’un terrain propice aux théories conspirationnistes.
En effet, comme le souligne Gérard BRONNER dans son ouvrage « la démocratie des crédules 2013 » on retrouve sur la toîle des millefeuilles argumentatifs qui, justifiés par des arguments pseudoscientifiques, déstabilisent, impressionnent et alimentent l’irrationnel.

Charles FORT (écrivain américain du 20ème siècle) est un précurseur des millefeuilles argumentatifs, spécialiste des théories indéfendables comme « la terre est plate ». Sa méthode consiste à élaborer des raisonnements foisonnant d’arguments dont il confesse la fragilité. Il avoue mobiliser de manière anarchique ses données afin d’impressionner et de déstabiliser.

On parle alors de produit fortéen. Nous en retrouvons aujourd’hui un grand nombre sur le web.
Paradoxalement, les produits fortéens ne sont pas souvent démentis. Leur remise en question à l’aide de produits cognitifs rationnels dictés par une communauté de scientifiques ou d’experts souffre du paradoxe d’Olson. C’est la stratégie du “laisser faire les autres”. « Chacun ayant intérêt à laisser faire les autres pour obtenir un rapport bénéfices/coûts très avantageux, beaucoup s’abstiennent d’agir, de sorte que ce but collectivement désirable ne soit pas atteint.” (p. 84 – BRONNER 2013)

Pour conclure, l’arrivée du web 2.0, ou web-social, a rendue la toîle modifiable par tous et a contribué à l’émergence des publications irrationnelles.

Les théories conspirationnistes alimentées par de nombreux médias et d’arguments pseudoscientifiques engendrent des produits fortéens et entendent raison au rationnel moins soutenu sur la toîle.
En  classe il peut-être intéressant d’argumenter contre les controverses avec des arguments légitimes en publiant sur le web, nous y reviendrons dans l’article publier et esprit critique

Source : MOOC éduquer aux médias à l’heure du numérique ENS Cachan, « la démocratie des crédules de Gérard BRONNER, les œuvres de Charles FORT

 

j.bernard janvier 2018

De Lascaux au web 2.0, une brève histoire de l’information

De Lascaux au web 2.0, une brève histoire de l’information

Un peu d’histoire…

L’accès aux sources d’informations véhiculé par les médias nous renvoie à notre passé.

L’affiche peinte ou sculptée serait un des premiers médias, vecteur immuable, elle a complété au travers du temps et des chemins la tradition orale.

Cependant la première massification de l’information apparaît avec l’imprimerie au 15ème siècle.
Le livre véhiculé par les échanges commerciaux est les médias participera au voyage vers la Renaissance.
Il a fallu attendre le 17ème siècle et l’invention de l’imprimerie pour voir apparaître les premiers journaux d’informations, Théophraste Renaudot est présenté comme le premier éditeur de journaux. L’agence de presse fut créée en 1836 et va permettre de démocratiser l’information.

Nous avons vu apparaître :

La peinture et plus généralement l’art intimement lié aux médias, il servira également de moyen d’accéder à l’information.
L’affichage, l’une des plus anciennes sources d’information, est réutilisée au milieu des années 1900.
L’invention du cinéma marque un tournant car les médias simples dont la consultation par le destinataire est directe (ex : un journal, une revue, un livre, une affiche…), cèdent une partie de leur omnipotence au profit des médias de télédiffusion.

La radio et la télévision par l’intermédiaire des réseaux hertziens ou satellitaires répondent à un besoin de diffusion et d’information à grande échelle. Encore une fois l’information n’est que descendante et n’offre qu’un dégré limité de l’interactivité.
Enfin, il y a eu l’arpanet, le père de l’Internet. Initialement un projet universitaire puis militaire, Internet a réellement vu le jour dans les années 1990 grâce au progrès technique.

Plus communément appelé le WEB 1.0 est passif et unilatéral. L’utilisateur y trouve de l’information comme dans une bibliothèque. Aucune modification n’est possible et le savoir est visible de façon mondiale et instantanée.
Les médias et la publicité : un couple équivoque .

Patrick EVENO, (Maître de conférences à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne. ) écrit dans son ouvrage « le temps des médias » que « Publicité et médias apparaissent ainsi comme un couple aux intérêts souvent divergents mais nécessairement liés » et que la publicité est née dans les médias et par les médias. »

Je vous propose quelques dates clés du couple média/publicité :

Support de médias

Époque/Date/invention

Quel est le flux ?

L’enseigne, support peint ou gravé

Antiquité/moyen age

Le poinçonnage des poteries, l’enseigne commerçante.

Affiche, enseigne.

15ème siècle : l’imprimerie

Échanges commerciaux et financier, la parole et l’écrit.

Les journaux (la gazette, bureau d’adresse)

17ème :La presse.

Premières insertions publicitaires dans un écrit de journal

L’affiche

19ème

L’image, l’écrit

Le cinéma

1900

Publicité par l’image

La radio

1920

Image audio

La télévision

1940

La réclame

Internet

1989

Tout les médias

Le Web: un media jeune

Année

Evenement

1989

Première version du WEB

1990

Premier site intra créé (CERN)

1991

Le web devient mondial

1993

Création de la Général Public Licence

1997

Arrivée du Peer to Peer

1998

Création de Google

2001

Création de Wikipédia

2002

Création des licences Créatives Commons

2004

Création de Facebook

2005

Création de Youtube

2008

Création de l’iphone 3G

j.bernard